Le secteur public français avance sur la voie de la souveraineté numérique, mais l’écart entre intention et maîtrise réelle reste un chantier ouvert.
C’est le principal enseignement du Baromètre 2026 de la souveraineté numérique, réalisé par l’Ifop en partenariat avec Acteurs Publics et Numspot, auprès de 195 agents de la fonction publique.
Le baromètre de la souveraineté numérique dans le secteur public dévoile les tendances, chiffres clés et analyses sur l’adoption des outils numériques souverains dans la fonction publique.
Les chiffres clés à retenir de la souveraineté numérique dans le secteur public
- 47 % utilisent le cloud souverain pour la majorité de leurs charges de travail (contre 39 % en 2025)
- 63 % des organisations ont déjà déployé au moins un outil d’IA
- 65 % écartent l’IA non souveraine par principe
- 64 % privilégient un cloud souverain exclusif
Le cloud souverain progresse dans les usages réels
La part des organisations hébergeant la majorité de leurs charges de travail dans un cloud souverain passe de 39 % à 47 %. Le mouvement est qualitatif avant d’être volumétrique : quand une organisation migre, elle choisit plus souvent le souverain.
L’IA s’impose comme le nouveau terrain du réflexe souverain
Devenue la première priorité cloud (52 % en 2026, contre 47 % en 2025), l’IA générative concentre le réflexe souverain là où le risque est le plus élevé. Son traitement en environnement souverain bondit de 38 % à 59 %, la progression la plus forte de cette édition.
Pourtant, un écart demeure : parmi les organisations ayant déjà déployé de l’IA, 16 % l’hébergent hors souverain et 16 % ignorent où leurs outils tournent. Entre le principe affiché et la maîtrise réelle, le chantier reste ouvert.
Les approches mixtes s'imposent comme une réalité
L’usage exclusif du cloud souverain recule (81 % → 64 %), au profit d’approches combinant souverain et non souverain, qui ont doublé (14 % → 31 %). La souveraineté se négocie désormais usage par usage, ce qui exige des règles d’arbitrage claires que beaucoup d’organisations n’ont pas encore formalisées.
La confiance structure la décision
Les critères qui guident le choix d’un fournisseur cloud ? La sécurité des données (73 %) et la non-réutilisation des données (75 %) dominent largement, devant la performance ou le coût. La souveraineté ne se limite pas à la localisation des données : elle englobe la gouvernance du fournisseur et la législation à laquelle il est soumis.
NIS 2 change la nature de l’enjeu
Ce que 2025 laissait à la conviction, 2026 commence à le soumettre à l’obligation. 38 % des organisations anticipent un effet accélérateur de la directive NIS 2 sur leur recours au cloud public, avec une échéance de mise en conformité progressive jusqu’à fin 2027.
État vs collectivités : deux trajectoires distinctes
Le secteur public n’avance pas au même rythme selon les organisations. L’administration d’État place l’IA en tête de ses priorités (56 %), tandis que les collectivités privilégient la continuité d’activité (61 %) et la mise en conformité (51 %). Les collectivités affichent également une exigence de non-réutilisation des données plus élevée (90 %, contre 73 % pour l’État).
La conclusion du rapport est sans équivoque : en 2025, le secteur public a posé ses convictions ; en 2026, il les éprouve dans les faits. La question n’est plus de savoir si le secteur public va vers le souverain, mais comment reprendre la main sur ce qui tourne déjà, avant que la préférence ne devienne une obligation.
Pour accéder à l’ensemble des données et des analyses, téléchargez le baromètre 2026.